La chasse aux sourires d’automne de notre princesse Célia
(très inspiré comme parcours de trail en écoutant avec les morceaux de Haendel, c'était juste parfait)
La Celle Trail de l’Escarelle, Var
Il n’y a rien de plus noble que cette force invisible qui unit les êtres humains : celle de rendre quelqu’un heureux, sans rien attendre en retour.
Il y a une pureté rare dans ces gestes humains, dans ces moments où des personnes se réunissent, le temps d’une aventure, pour offrir à notre aventurière du jour bien plus qu’un parcours : des sourires, des émotions et des souvenirs inoubliables.
Le rassemblement à la cour
Au petit matin, la fraîcheur de l’automne nous réveille. Le jour hésite à se lever. L’air est humide, la forêt provençale s’éveille doucement.
Il y a plus trois siècles, en 1717, Haendel faisait résonner sa Water Music sur la Tamise, accompagnant la promenade royale de George Ier.
Aujourd’hui, nous partons à la découverte des paysages d’automne, accompagnés de notre princesse Célia, pour une nouvelle exploration au cœur des sous-bois et des terres rouges du Var.
Cette fois-ci, je me laisse porter par les notes sautillantes et les sonorités des hautbois de la Water Music de Haendel, qui accompagnent ce sublime parcours avec notre princesse et ses chevaliers.
Les cors annoncent le rassemblement à la cour.
Notre princesse Célia arrive sur le lieu de rendez-vous.
La cour est prête. Sept chevaliers composent son équipage : cinq hommes et deux femmes, accompagnés d’un chevalier-caméraman en VAE.
Vêtus de jaune fluorescent, ils réajustent les freins, vérifient la hauteur des poignées arrière du carrosse et se préparent à parcourir les sentiers.
Aujourd’hui, point de chevaux royaux ni de calèche dorée. Notre carrosse a une roue : la Joëlette.
À son bord, notre princesse Célia.
Le départ
La joie de notre princesse semble déjà avoir chassé la fraîcheur du petit matin.
Tout l’équipage est en place. Unis sous nos tenues jaune fluorescent, nous sommes prêts à partir.
Le décompte commence. Les applaudissements, comme les cors de chasse, annoncent le départ. Ils rassemblent les chevaliers et insufflent à chacun l’énergie du grand départ.
Les premiers accords de Haendel, portés par les hautbois et les cordes, donnent le rythme à notre équipage.
L’aventure commence !
Sur les sentiers
Notre princesse Célia s’élance sur les chemins, prête à découvrir les merveilles que cette journée nous réserve.
Nous partons à la rencontre des sentiers, des forêts et de ces parfums que l’humidité révèle et suspend dans l’air.
Au-dessus de nos têtes, les branches s’entrelacent et tissent une magnifique toile naturelle. Les feuilles retiennent encore les gouttes de rosée. La terre respire. Les senteurs des collines provençales flottent dans l’air frais du matin.
Notre royaume d’automne nous ouvre ses portes.
À ses côtés, sept chevaliers forment une garde fidèle. Ils tirent, poussent, portent, guident et se relaient. Chacun a sa place, mais tous partagent le même élan.
La première épreuve : l’Allegro
Très vite, les femmes et les hommes du cortège royal quittent le château de l’Escarelle et s’enfoncent dans la forêt.
La première difficulté arrive au bout d’un kilomètre.
Notre princesse semble pourtant pleine de courage. Ses cris de joie et ses sourires contagieux encouragent ses chevaliers. Impossible de résister à une telle énergie.
Les premiers accords de l’Allegro de Haendel accompagnent cette première épreuve.
Nous synchronisons nos pas. Nous tirons, nous poussons, nous respirons, nous transpirons. Chacun trouve son rythme, chacun s’accorde aux mouvements des autres.
À bord de son carrosse, la princesse Célia nous fait confiance. Elle relève la tête et regarde le ciel à travers les branches.
La pluie a nettoyé le chemin et balayé les feuilles. L’eau imprègne encore le sol, la terre humide libère ses arômes et les senteurs des collines provençales semblent suspendues dans l’air. Elle enregistre en elle cette odeur de boue, cette signature olfactive de la forêt après la pluie.
Je me laisse alors emporter par les notes de l’Air de la Suite no 1 en fa majeur de Haendel.
La princesse Célia observe le royaume qui défile sous ses yeux. Elle n’a pas besoin de couronne : sa présence suffit à donner à cette expédition toute sa noblesse.
Le chemin est encore assez large pour permettre à notre carrosse de circuler avec aisance.
Nous avançons, bercés par les mouvements de la Joëlette et par cette harmonie qui s’installe peu à peu entre nous.
Dans les profondeurs du royaume
Mais notre expédition a ses propres règles.
Il faut négocier les pierres, franchir les racines, apprivoiser les pentes et parfois batailler contre la boue. Nos jambes remplacent les chevaux royaux, nos rires se mêlent aux sonneries imaginaires des trompes : la solidarité qui nous unit.
Les sept chevaliers veillent sur le carrosse. Les femmes et les hommes avancent ensemble, dans l’effort comme dans la plaisanterie. Il y a des moments où l’on se sent invincibles, d’autres où le sentier nous rappelle que le royaume de l’automne ne se conquiert pas sans effort.
Puis, soudain, le chemin se resserre.
Les branches semblent nous attaquer, ne laissant plus qu’un passage à peine assez large pour un chevalier. Il faut se mettre en file indienne, suivre le carrosse de notre princesse Célia et avancer avec précaution.
Nos épaules frôlent les branches, les feuilles nous effleurent et s’envolent à notre passage.
Grâce à notre princesse Célia, nous découvrons un monde à part, presque secret, comme si la forêt nous avait réservé ce territoire rien que pour nous. Dans les sous-bois humides, nous sommes seuls au monde, loin du bruit et de l’agitation.
Le sentier se fait étroit. Chaque mouvement compte. Un regard, quelques mots, un geste suffisent parfois à se comprendre.
Les sept chevaliers doivent faire preuve d’anticipation et de confiance mutuelle.
L’art de manier le carrosse
Le chemin s’ouvre à nouveau et la lumière traverse les branches.
Manier une Joëlette sur un terrain accidenté est tout un art. Face à une montée, une crevasse ou un passage délicat, la force ne suffit pas. Il faut aussi observer, analyser rapidement le terrain, choisir la trajectoire la plus adaptée et coordonner les mouvements de l’équipage.
Les décisions se prennent en quelques secondes.
Un mot pour indiquer la direction. Un geste pour ajuster la position. Un effort collectif pour franchir l’obstacle sans perdre l’équilibre, sans nous blesser et sans faire subir de secousses inutiles à notre princesse.
Les chevaliers s’accordent avec une précision presque musicale, orchestrale.
Chacun écoute le mouvement de l’autre. Les mains répondent aux mains, les pas s’ajustent aux pas. La force devient collective, l’expérience se partage et l’intelligence du groupe prend toute sa noblesse.
Face à la montée, personne ne peut tout faire seul.
C’est l’union des sept chevaliers qui permet au carrosse de poursuivre sa route.
À cet instant, je comprends que notre aventure possède sa propre musique. Celle de nos pas synchronisés, de nos respirations, de nos échanges rapides et de nos encouragements.
Haendel n’est plus seulement dans mes écouteurs lorsque j’écris. Ses notes semblent déjà résonner dans notre manière d’avancer ensemble.
Au fil des sentiers, notre princesse continue de découvrir son royaume d’automne.
Les couleurs changent, la lumière évolue et les paysages se transforment. Le sol devient cassant sous les pas, entre les cailloux. Les mousses épaisses retiennent la lumière, qui peine à pénétrer dans la forêt, là où se cachent les trésors de la nature et, peut-être, le gibier.
Les odeurs de la terre humide nous enveloppent et réveillent tous nos sens.
À chaque détour, un nouveau décor se dévoile : nous passons de la terre rouge au terrain boueux, des herbes aux vignes, des bords de falaise aux passages sablonneux. Nous nous enfonçons dans la forêt, tandis que les craquements des branches et nos rires résonnent autour de nous.
Chaque difficulté devient une aventure partagée.
Nous cherchons ces instants de bonheur qui se cachent dans les sous-bois, ces sourires qui apparaissent au détour d’un sentier, cette joie simple d’être ensemble et d’aller un peu plus loin.
Le retour et les réjouissances
Au terme de cette chevauchée automnale, il reste des jambes fatiguées, quelques égratignures laissées par les branches, des vêtements marqués par l’effort et la transpiration, mais aussi des souvenirs plein la tête.
Une soupe chaude au potiron, préparée avec soin par les bénévoles, vient réconforter le corps et le cœur des chevaliers.
C’est la fierté d’avoir accompagné notre princesse, d’avoir surmonté les obstacles ensemble et d’avoir partagé cette aventure.
Je me dis alors que la véritable noblesse ne se contente pas du gibier chassé. Elle s'épanouit dans les sourires de notre princesse, dans la fidélité de ses chevaliers et dans la force du cortège qui, malgré les obstacles, continue d’avancer.
Et lorsque les dernières notes de Haendel s’éteignent, un nouveau chapitre s’écrit : celui de notre princesse Célia, aventurière du jour, accompagnée de ses fidèles chevaliers.
Voir l'album photos.



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